Restauration d'une zone humide dans le cadre de mesures compensatoires
En 2022, Écosphère a accompagné ITM-Groupement Mousquetaires dans le renouvellement de sa plateforme logistique et ce, à plusieurs niveaux.
Les travaux ayant été menés il y a 3 ans, il est temps de faire le bilan de notre premier suivi écologique !
Lieu : Rochefort-sur-Nenon (39)
MOE : Écosphère
MOA : Immo Mousquetaires
Entreprise travaux : Jura natura services
Contexte
En premier lieu, nous avons réalisé le volet naturel de l’étude d’impacts, qui implique la mise en place de la séquence ERC (Eviter, Réduire, Compenser). Au terme de cette première étape, des impacts résiduels ont perduré car le renouvellement de la plateforme a entrainé la destruction de zones humides. Son autorisation environnementale était donc conditionnée, entre autres, à la restauration d’une zone humide ex-situ.
Nous avons ainsi dimensionné les mesures compensatoires (qui portaient en partie sur la restauration de zones humides), identifié le foncier idéal et enfin, mis en place les mesures via des actions de génie écologique.
Mise en place de la compensation
Sur ce projet, la compensation a consisté à restaurer une zone humide dégradée d’1,8 ha (atterrissement, assèchement et colonisation par des ligneux).
Deux objectifs étaient visés :
- Améliorer l’alimentation hydrique de la zone humide, par une modification des fossés drainants permettant une diffusion et une possibilité de stagnation des eaux dans le site ;
- Améliorer le rôle écologique du site, en favorisant des milieux inondés plus longtemps et la conservation de milieux ouverts.
Pour atteindre ces objectifs, nous avons mené trois types de travaux :
- Des travaux hydrauliques : création d’un fossé d’amenée d’eau vers la roselière depuis le fossé principal en amont. Le fossé principal avait autrefois été dévié afin de s’écouler dans la rivière voisine. Tous les fossés drainants ont été bouchés ;
- Des travaux du sol : décapage de la litière végétale et micro-terrassements dans la roselière pour freiner l’atterrissement et création de mares intra-forestières favorables à la Grenouille agile ;
- Des travaux sur la végétation pour augmenter de 10 % les milieux ouverts : des opérations de défrichement et de bûcheronnage sur les ligneux ont été réalisés et une partie des roseaux ont été coupés pour rajeunir la roselière.
Ces interventions se sont voulues légères et sans apport ou export de matériaux. Elles ont eu pour but de simplement supprimer les perturbations (fossés) et d’orienter la dynamique naturelle pour restaurer les milieux humides qui existaient autrefois. La connaissance des anciennes circulations d’eau a aidé à la conception des mesures de restauration.
Écosphère est intervenu ici sur une mission complète de maîtrise d’œuvre : définition du projet, élaboration du dossier de consultation des entreprises, assistance pour la passation des contrats de travaux, direction de l’exécution des travaux et réception des travaux.
Résultats
Une zone humide en meilleure santé
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La zone humide est mieux alimentée en eau, que ce soit par les eaux de surface ou par la nappe. Cette première conclusion se base sur plusieurs observations :
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Les bouchons des fossés drainants sont opérationnels, ce qui permet de retenir l’eau dans la zone humide ;
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Les niveaux d’eau mesurés dans le fossé d’amenée varient de quasi nuls (en période très sèche) à 60 cm (après de grosses pluies) pour les extrêmes : autour de 20 cm en moyenne ;
- Sur les modifications d’hydromorphie prolongée dans le sol (horizon réductique absent en état initial, désormais en place à 1 m de profondeur côté amont du site).
Un espace aux habitats naturels plus variés et accueillant de nouvelles espèces floristiques
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Les travaux de restauration ont permis à des habitats naturels plus variés de s’exprimer, certains étant inondés une partie de l’année : roselière, magnocariçaie et jonchaie, friche hygrophile à hautes herbes, communauté pionnière des vases exondées, mare temporaire. Des espèces floristiques absentes initialement s’y développent désormais : Oenanthe fistuleuse, Canche cespiteuse pseudalpine, Renoncule flammette, etc…
Les milieux en place pourraient donc permettre d’accueillir des espèces associées aux milieux humides comme la Rousserolle effarvatte, Rousserolle verderolle, Locustelle tachetée ou encore le Râle d’eau. Ces espèces ne sont pour l’instant pas observées, mais les milieux leur sont favorables.
Bénéfices à plus long-terme
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En finalité, ce projet de restauration de zone humide aura de nombreux bénéfices :
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Régulation de l’eau en période de crue et restitution lente en période sèche (réduction des risques d’inondation et de sécheresse locale) ;
- Restauration de la qualité de l’eau des rivières et nappes, via la filtration des polluants, nitrates et sédiments ;
- Maintien des fonctionnalités des habitats naturels, permettant le retour d’espèces locales et du maintien de leurs cycles de vie.